Enquête sur les Community Managers au Cameroun : Les chiffres 2019

 

C’est un rituel maintenant sur notre blog depuis 2016 où nous avons débuté l’enquête sur les Community Managers au Cameroun. Ayant des formations en salle et en ligne sur cette branche du marketing digital qu’est le Community Management, nous avons jugé utile de dresser un portrait-robot du Community Manager Camerounais. Pour l’année 2019, le temps de l’enquête a commencé en Mai pour s’achever en Août. Près d’une centaine de professionnels du Community Management au Cameroun ont répondu à la vingtaine de questions pour dresser notre présente enquête.

 

Le profil du Community Manager Camerounais

C’est un homme vivant à Douala, âgé entre 25 et 30 ans qui travaille en entreprise avec un niveau Bac+3 et qui touche 200 000 FCFA par mois.

Plus spécifiquement, on a 56 % d’hommes et 44 % de femmes ; 54 % sont à Douala et 41 % à Yaoundé. En une année, on observe plus de professionnels du côté de Douala (+ 19 %). Sur l’âge de nos Community Managers du Cameroun, on a 75 % qui ont moins de 30 ans.

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Concernant les études, 48 % ont au moins Bac +4 et la filière la plus dominante est la Communication (32,1 %) suivie du Marketing (22,6 %). Nos professionnels ont pour titres principaux Community Manager (41 %) et Social Media Manager (24 %).

 

Vie de bureau : La passion toujours au rendez-vous

 

Comme l’année dernière, 100 % des professionnels aiment leur travail. 17 % sont en agence tandis que 43 % sont en freelance. Parmi ceux qui ne sont pas en freelance, 35 % ont un contrat à durée indéterminé.

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Le Community Manager n’est pas un fonctionnaire, et c’est bien connu. La preuve : 80 % de nos professionnels camerounais ont des horaires flexibles. Cela signifie qu’ils ne sont pas obligés de 8h à 17h par exemple, mais ils font un travail quotidien en fonction de leurs objectifs. De plus, ils sont 92 % à consulter leurs mails hors du bureau.

La rémunération mensuelle, oui c’est une question dont la réponse vous intéresse certainement. Et bien, sachez qu’il y a du progrès ! En moyenne, un Community Manager Camerounais touche 200 000 FCFA par mois ; c’est 50 000 FCFA de plus en un an.

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La routine quotidienne

L’activité la plus prenante dans le quotidien du Community Manager est la production de contenu (41%) devant la modération (26 %). Facebook est, comme vous le savez déjà, le réseau social le plus sollicité dans leur quotidien. Juste après Facebook, vous avez Instagram et Twitter en 3ème choix.

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Ces réseaux sociaux servent principalement aux Community Managers Camerounais à construire la notoriété d’une entité (60 %) et à acquérir des clients (28 %). Malheureusement la vidéo n’est pas le format de publication le plus adopté chez nos professionnels car ils privilégient encore le format image à 79 %. Chose intéressante : l’indicateur de performance le plus recherché (42 %) est l’engagement de sa communauté.

Pour terminer, le format Stories (Instagram, Facebook) est de plus en plus adopté par nos Community Managers camerounais (68 %) et 64 % de nos professionnels déclarent disposer d’un budget mensuel pour lancer des campagnes publicitaires sur les réseaux sociaux.

 

 

CHEDJOU KAMDEM (CK)

Le projet Voix de Paix au Cameroun et l’appui des réseaux sociaux.

Au sein des communautés, il y a toujours eu des interactions entre les personnes qui échangent, créent ou partagent des informations. Ces interactions constituent l’un des socles d’une cohésion dans une communauté. Il est donc important d’instaurer l’interaction dans une communauté et le rôle d’un Community Manager se mesure généralement sur cet indicateur. En dehors des réseaux sociaux, ces interactions doivent aussi exister non seulement dans une communauté, mais aussi entre les communautés d’une même région. Pourquoi ? Car l’on constate de plus en plus un manque de communication entre celles-ci et du coup cela entraîne la peur ou la crainte de l’autre. C’est dans ce contexte que le projet Voix de Paix vient améliorer la cohésion sociale à travers le dialogue inclusif entre les groupes ethniques du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Pour rappel, Voix de Paix est un projet sur 5 ans financé par l’USAID qui vise à amplifier les voix modérées de paix et de tolérance afin de réduire la vulnérabilité à l’extrémisme violent dans cinq pays d’intervention : le Burkina Faso, le Tchad, le Niger, le Mali et le Cameroun. C’est le dernier pays qui nous intéresse ici car le projet Voix de Paix améliore la gouvernance locale et nationale en créant des opportunités de participation pour les populations des régions de Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun. L’événement du 13 Juillet 2019 pour le dialogue Intra KANURI en est une parfaite illustration.

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Débuté à 10 heures, ledit dialogue initié par le projet Voix de Paix a vu la présence importante des membres de l’Association Culturelle des Kanuri du Cameroun (ACKAC) dans l’une des salles prestigieuses de l’hôtel TOU’NGOU à Yaoundé. Au début de l’événement, une brillante présentation de Voix de Paix nous a été proposée. Cette dernière nous a permis de cerner les activités du projet qui se focalise d’abord sur l’identification des groupes (Jeunes, femmes ou les groupes stigmatisés) et le renforcement des capacités des médias/société civile ; ensuite le projet informe, mobiliser et identifie les problèmes et créer des cadres d’échange et plaidoyer ; et enfin améliorer la gouvernance et la cohésion sociale. En résumé, le projet Voix de Paix réunit toutes les parties prenantes d’un problème identifié dans un cadre pour créer un véritable dialogue.

L’ACKAC a fait une belle présentation de son association et a posé les manifestations de stigmatisons des membres de la communauté Kanuri, notamment :

  • La considération des Kanuri, à tort comme des personnes associées aux activités de la secte terroriste « Boko Haram » ;
  • La crainte de parler la langue Kanuri en public parce que les autres sont méfiants ;
  • La dissimulation de leurs identités pour éviter d’être stigmatisés.

 

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Les Kanuri ont appelé tous les camerounais à manifester leur solidarité avec les Kanuri du Cameroun et à la multiplication de ces types de rencontres entre Kanuri de la part du projet Voix de Paix. Ce projet se positionne un peu comme un Community Manager qui doit instaurer le dialogue et l’interactivité au sein d’une communauté. Le Projet Voix de Paix pourrait s’en inspirer et mettre à contribution les réseaux sociaux dans les campagnes publiques sur les droits et devoirs des citoyens par exemple. Certes, les principales cibles du projet n’ont pas toujours accès à Internet, mais les autres communautés situées dans des zones géographiques plus connectées peuvent être réceptives à des communications faites sur le Digital. Une digitalisation des activités du projet Voix de Paix serait à intensifier pour atteindre les objectifs fixés.

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La Rédaction.