Esquisse du Community Management d’Ébène Duta

 

La bande dessinée « La vie d’Ébène Duta » (L.V.D.D) de Joëlle EBONGUE est une preuve de l’impact qu’offrent les réseaux sociaux sur des projets personnels. Et oui, encore une victoire du social-media qui montre ses opportunités non plus ludiques mais maintenant professionnelles.

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Avec Murielle WONJA, l’une des personnes liées à la réussite de ce projet, nous allons vous esquisser les méthodes de Community management menées par l’initiatrice de la campagne.

 

Comment a-t-elle pu réaliser sa bande dessinée grâce aux réseaux sociaux ?

La réponse est liée au crowdfunding ! C’est une technique qui consiste à effectuer une levée de fonds grâce aux réseaux sociaux.

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Ici Murielle. Le crowdfunding est en gros une méthode de financement de projets qui fait appel à la participation du public. L’objectif est d’arriver à atteindre une certaine somme, souvent colossale, en demandant à chacun de reverser une petite partie avant un délai qui doit être respecté, sinon l’opération est annulée et tous les fonds reversés par les participants sont remboursés. Ça peut sembler facile dit comme ça, mais une opération de crowdfunding se prépare longtemps à l’avance. Dans le cas du projet Support LVDD par exemple, il s’agissait de la première levée de fonds par crowdfunding lancée depuis le Cameroun, donc il fallait constamment expliquer aux potentiels participants ce qu’est le crowdfunding, ce qui va arriver à l’argent qu’ils vont dépenser, comment ils peuvent s’y prendre pour donner, etc. L’aspect communicationnel est capital.

Cette campagne a connu un franc succès non seulement auprès de ses amis mais aussi dans le cœur des abonnés et fans du personnage Ébène Duta.

L’objectif des 100 % a même été largement atteint :

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La sortie de la bande dessinée a permis aux fans d’exprimer leur satisfaction du crowdfunding à travers des photos :

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Le soir où j’apprends qu’on a atteint les objectifs pour LVDD je suis devant l’écran de mon portable à halluciner. C’était un sentiment indescriptible, un mélange de fierté, de soulagement (car les délais se faisaient de plus en plus pressants et nous étions loin d’avoir atteint le montant requis) et de joie, parce que grâce à la participation et l’engagement de milliers de personnes à travers le monde, le rêve de Joëlle devenait réalité. C’est plus ou moins là que je réalise qu’au-delà d’une simple levée de fonds, le crowdfunding est une merveilleuse aventure humaine et un acte de foi (sortez les mouchoirs, lol.).

 

Quelles méthodes en Community Management ont été utilisées pour rendre tout cela possible ?

À travers les publications faites sur les deux principales plateformes (Facebook et Twitter), Joëlle EBONGUE a mis en place des techniques d’animation pour atteindre ses objectifs de crowdfunding.

D’une part, elle a défini un hashtag : #SupportLVVD. Il a le mérite d’être court, concis et clair (les 3 C quoi !). Ce hashtag a permis la visibilité et l’amplification du message sur sa campagne de levée de fonds auprès du public. Les fans utilisaient volontiers ce hashtag pour inciter leurs amis à contribuer à ce crowdfunding

S’agissant des méthodes de Community management pour la campagne, on s’y est mis à plusieurs, un formidable travail d’équipe mis en place en très peu de temps. Nous étions sept sur le coup: Joëlle (bien évidemment), Brice Albin, Jean-Pierre Boep, Madior Sow-Ouakara, Dany Feze, Elie Kogoup et moi. Jean-Pierre s’est occupé de nous orienter pour la stratégie, chacun d’entre-nous avait une tranche horaire pour animer la page Facebook et partager le contenu  autant que possible sur les réseaux sociaux.

Ca s’est révélé réellement stressant à un moment, surtout lorsque tu t’aperçois qu’en dehors de la campagne que tu t’acharnes à piloter, la vie des gens suit son cours sur les réseaux sociaux et certains ne sont pas forcément intéressés par ce que tu racontes. Il a fallu se répéter, un nombre de fois que je ne calcule plus, insister, partager, expliquer etc. C’est frustrant parce que tu vois un nombre énorme de fans en ligne et tu ne peux pas les forcer à donner quelques euros séance tenante non plus !

D’autre part, il y a ce lien social qu’elle a créé entre les fans et le personnage Ébène Duta. Moi particulièrement, j’ai vraiment apprécié cette méthode de création d’affinité.

On avait par exemple :

  • Les mini-sodes

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  • Les remerciements des fans pour leur soutien

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  • Les traits de caractère du personnage dans lesquels certains s’y retrouvaient !

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Ces publications donnaient du plaisir et de l’émotion aux fans d’Ébène Duta. Ce qui naturellement a contribué à l’adhésion de ceux-ci à la levée de fonds pour rendre réel (en version papier) leur personnage préféré.

Justement en parlant de la création d’un lien, il faut que je partage une découverte: si vous avez l’intention de vous lancer dans une opération de crowdfunding, ne vous reposez pas uniquement sur les réseaux sociaux. Je m’en suis rendue compte grâce aux idées émises par les membres de l’équipe présentés plus haut lors de nos réunions: il était important que la BD soit déportée du virtuel et intégrée dans la vraie vie: interviews dans des magazines, présentation du projet lors d’événements, interviews radio etc. Joëlle a dû se lancer dans une véritable tournée médiatique, car il était important que les fans, au-delà de ses publications sur la page Facebook, soient en contact avec l’auteure: qui est-elle, quelles sont ses aspirations, autant de choses qui vous aident à mieux connaître un porteur de projet et à comprendre ses motivations ; c’est quelqu’un comme vous, qui a eu une idée, qui y croit et qui compte sur vous. C’est exactement ce que Joëlle a fait – et continue d’ailleurs de faire -, c’est mieux de garder à l’esprit que les fans sont des êtres humains avec qui on peut communiquer plus profondément que par des likes et des commentaires.

« La vie d Ébène Duta » devient progressivement l’une des marques camerounaises qui engage qualitativement le plus ses fans ; et il faudra compter désormais avec elle dans le paysage de la bande dessinée au Cameroun et la visibilité de ce paysage hors de nos frontières.

 

PS: ON T’AIME ÉBÈNE !! *cris de fans hystériques*

 

 

N’oubliez pas de votez pour votre blog ici : http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/histoires-de-community-management.html

 

 

 

MURIELLE WONJA & CHEDJOU KAMDEM (CK)

KIRO’O GAMES nous dévoile son Community Management !

 

 

Amoureux des jeux vidéo, voici un billet qui devrait vous plaire ! Certains d’entre vous connaissent peut être déjà Kiro’o Games et son produit Aurion : L’Héritage des Kori-Odan. Non, pas encore ???

Il s’agit du premier studio de création de jeux vidéo en Afrique Centrale et le premier studio africain qui s’est spécialisé dans la conception des jeux vidéo pour les plates formes PC et consoles. Son premier opus, Aurion : L’Héritage des Kori-Odan, actuellement en développement, est un jeu de type Action-RPG (Role Playing Games) qui sortira d’ici la fin de cette année 2014 et se jouera sur PC et la console à portage simplifié XBOX 360.

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Leur Community Manager, Sorelle KAMDOM, a bien voulu nous expliquer leur déploiement sur les réseaux sociaux.

 

Quand avez vous débuté l’aventure sur les réseaux sociaux ?

 

Nous avons débuté l’aventure sur les réseaux sociaux au début de l’année 2013, presqu’au même moment où nous avons entamé le processus de mise en œuvre du projet (campagne de financement, conférences de lancement entre autres).

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Pour quel(s) but(s) ?

 

Le but était de faire connaître le projet à un maximum de personnes dans le monde et de commencer à constituer une communauté forte et solide autour de Kiro’o Games et son produit, le jeu Aurion.

 

 

Quelles actions communes utilisez-vous pour fédérez votre communauté ?

 

Pour nos actions, la notion de fuseaux horaires joue un rôle très important.

En effet, compte tenu de notre cible qui est très variée (USA, Europe, Afrique), j’ai un chronogramme bien établi de partage de contenus pour pouvoir toucher le maximum de personnes via des publications. Par exemple, pour les blogs et forums anglo-saxons (qui sont en majorité suivis par les américains), je m’arrange à publier en matinée avant 12H (11H GMT) qui correspondent à 05H ou 06H du matin aux USA, heure de réveil donc le public est susceptible de voir ma publication. Quand je rate ce timing, je peux me rattraper dans l’après-midi entre 16H et 17H (15H-16H GMT) qui est la tranche horaire à laquelle la plupart s’apprête à aller à la pause ou changer de lieu de service.

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Pour le public européen et africain, le processus est différent, je publie généralement en fin d’après-midi (17H GMT), ou début de soirée (18H GMT) heures auxquelles les personnes sont revenues du boulot et sont susceptibles de contrôler leurs différents comptes avant de s’en dormir. Et nous adaptons cela aussi pour les publications sur les réseaux sociaux. Il y a des heures où je tweete, où je partage du contenu sur Google+, sur Facebook, etc.

 

 

Nous publions très souvent des images et des vidéos relatives au développement du jeu pour montrer les différentes avancées en termes de création, design, animation, afin de recueillir des avis des uns et des autres et essayer de nous améliorer.

 

Aussi, nous faisons toujours l’effort de répondre promptement aux inbox, aimons et participons aux commentaires des fans, etc.

 

Outre ceci, nous faisons des relations presse (demande d’interview, d’articles, etc.), des relations publiques (participation aux évènements) pour nous faire connaître au maximum dans la sphère où nous opérons. Ces différents évènements et articles sont pour certains relayés sur nos plates formes de communication digitale (réseaux sociaux, site web)

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L’accroissement de la taille de vos communautés est-elle un objectif majeur ?

 

Au début (de Janvier 2013 à Juillet 2013) c’était plus une communication sur le projet que le jeu. Si vous visitez notre page Facebook, vous verrez des images de nos conférences, des images de la version amateur du jeu, etc. Il fallait faire connaître le projet au monde et positionner le jeu Aurion comme une référence. On voulait arriver à un niveau où lorsqu’on parle de jeu vidéo en Afrique, que ce soit le nom d’Aurion qui ressorte. Et on peut dire (à ce stade) que nous avons réussi.

 

 

Votre contenu sur les réseaux sociaux vise l’engagement, l’audience ou le plaisir ? Pourquoi ?

 

Je dirai les trois à la fois. À travers nos publications nous voulons ressentir au travers des commentaires un certain engagement des fans.

 

Nous visons aussi l’audience. Par exemple, après une publication, nous observons le nombre de personnes qui a vu notre vidéo sur Youtube, qui a retweeté un de nos tweets sur Twitter, qui a partagé ou aimé une de nos images sur Facebook, etc. Ceci nous aide à faire nos statistiques et à revoir la création de nos contenus.

 

 

Enfin le plaisir. Les réseaux sociaux sont avant tout des espaces de détente et d’évasion. Alors, nous créons parfois des contenus pour leur faire plaisir, à l’instar des wallpapers que nous publions pour que nos fans les téléchargent comme fonds d’écran pour leurs ordinateurs, tablettes, téléphones, etc. Vous pouvez visiter notre page Facebook et en découvrir quelques uns de ces fonds d’écran.

 

Kiro’o Games compte-t-il ouvrir un forum dédié à son produit ?

 

Nous sommes présents et actifs depuis plusieurs mois dans divers forums dédiés aux jeux vidéo sur des sites y afférents, et avons aussi sur certains des blogs. Je peux citer ici :

Notre blog sur Gameblog.fr

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Notre forum sur RPGFrance.com pour la communauté francophone

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Notre blog sur Indiedb.com

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Notre blog sur Gameinformer.com pour la communauté anglo-saxonne.

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Quant à un forum sur notre propre site, nous envisageons en créer dans les années à venir, quand le jeu acquerra encore plus de notoriété et lorsque les activités du studio seront plus diversifiées.

 

Merci à vous Sorelle et à votre équipe pour cette collaboration !

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CHEDJOU KAMDEM (CK)